Trump et Poutine : deux types de figures conquérantes

Pour visionner la vidéo, cliquez ici : https://goo.gl/P2mfAc

«Qui est le gagnant?» est la question que les gens aiment se poser, incluant moi. Mais attention, ce n’est pas la première que je me pose nécessairement… Voici l'analyse du langage corporel de Trump et Poutine lors de leur rencontre à Helsinki. Je me suis attardée à la séquence où les deux hommes sont assis côte-à-côte. 

Trump et Poutine Rencontre dc984Cette rencontre était particulière en ce qui a trait à l’analyse du comportement puisqu’il y avait une attente entre chacune des interactions à cause de la traduction en direct entre les deux hommes. Cela pouvait causer un contrôle des réactions de part et d’autre. Malgré tout, le corps de chacun n’a pratiquement pas bougé au fil de la conférence. La surcharge cognitive étant reliée au malaise ressenti lors de ces attentes, surtout que les deux hommes sont occupés à observer la réaction de l’autre du coin de l’œil pendant la traduction.

Je m’en tiendrai ici au langage corporel, mais l’analyse des marqueurs linguistiques et du mouvement vocal (avec ma collègue Julie Salvador) seraient deux autres niveaux d’information qui viendraient si bien corroborer les comportements observés aujourd’hui!

Revenons à notre question initiale : «Qui est le gagnant?» et continuons avec cette photo de l’événement pour en faire une analyse partielle. Elle est intéressante puisqu’elle donne le ton à ce que nous pouvons voir dans le comportement des deux hommes durant la conférence de presse.

OUVERTURE DE POUTINE
Pour l’occasion, Vladimir Poutine reste sur une position d’appétence envers Trump. L’axe du haut du corps reste penché vers son homologue afin de démontrer son écoute et le bas du corps est en ouverture par rapport à l’environnement (journalistes, etc.).

Poutine main Christine Gagnon a1312D'HYPOTONIQUE À HYPERTONIQUE
L’ensemble de sa musculation est assez souple sans être complètement détendu. Par contre, son côté gauche nous dévoile un transfert d’émotion d’hypotonicité à l’hypertonicité lorsque M. Trump parle de la qualité des relations entre les deux pays (Vidéo à 3 :22). Passant d’une main détendue à une main tendue, cette main gauche reste «accrochée» à la chaise afin de garder un certain contrôle des émotions, une prise d’ancrage pour ne pas être déstabilisé, le tout afin de ne pas être trop impulsif dans le dévoilement des émotions.

Sourcils Poutine Christine Gagnon 771bbDES SOURCILS EXPRESSIFS
La particularité de M. Poutine est l’axe sagittal inférieur de sa tête, menton vers le bas, et le mouvement de ses sourcils. En effet, malgré un corps assez restreint en mouvement, ses sourcils sont souvent révélateurs.

POSITION ASSISE DE TRUMP
Quant à M. Trump, il est égal à lui même dans la manière dont il s’assoie. Très droit, le dos ne touchant pas au dossier, au centre de la chaise, cette position nous dévoile un contrôle du corps. Voici deux hypothèses qui pourraient expliquer ce contrôle : 1) il désire être à son meilleur d’un point de vue apparence (car il ne semble pas très à l’aise et souple dans son corps) ou 2) il est un homme d’action qui ne reste pas longtemps à la même place, donc prêt à bondir vers un autre dossier.

LES MAINS EN PYRAMIDES
Trump main Christine Gagnon ea71eUne autre position régulière chez M. Trump : les mains en forme de «V» dévoilant un trait stratégique chez lui : «je suis l’autorité, celui qui sait.» Ajoutons qu’il est intéressant de tenir compte de l’axe du poignet qui démontre soit un niveau ascendant, horizontal ou descendant. Ici, la pyramide est descendante et M. Trump dévoile donc qu’il se met à la disposition des autres malgré le fait qu’il se sent l’autorité.

L'ÉTAT INTÉRIEUR DE CHACUN
Ce qui est intéressant dans le langage du corps est qu’il peut être analysé en deux sections : ce que nous voulons projeté et ce que nous ressentons vraiment à l’intérieur.

Maintenant que nous avons analysé le langage corporel, il s’agit de se demander dans quel état mental sus-jacent (qu’ils projettent aux autres) chacun de ces hommes se trouvait lors de cette prise de photo. Les deux hommes sont dans le message actuel, car ils doivent se concentrer davantage à cause de la traduction, mais un état mental sous-jacent les accompagne également…

M. Poutine dévoile une inquiétude par le mouvement de ses sourcils (état mental sus-jacent), mais son corps est tout à fait ancré, stable et bien positionner, démontrant un fond de solidité (état mental sous-jacent).

M. Trump, nous dévoile l’inverse, c’est-à-dire un état mental sus-jacent très assuré avec son corps droit et ses mains en autorité, mais son état mental sous-jacent l’est beaucoup moins, puisqu’il est obligé de tout contrôler pour garder son autorité.

Nous avons donc à faire à ce dernier, un conquérant (position haute du corps) qui doit convaincre par peur de perdre et à un autre type de conquérant (position basse du corps) qui ne sent pas l’obligation de convaincre parce qu’il se considère de toute façon, le gagnant.



Pour ceux qui ont vu la conférence de presse complète (debout) incluant l'arrivée des deux homologues, voici un supplément d'analyse :

L'ENTRÉE DES DEUX HOMMES
M. Trump entre habituellement lentement, en bougeant peu et en contrôlant les mouvements de son corps afin de paraitre «maître» de la situation, tel un père de famille qui n’a peur de rien.

M. Poutine entre dans une démarche un peu plus alerte, avec amplitude du côté gauche et dandinement (voir l’analyse complète de la démarche de M. Poutine dans un blogue antérieur : blogue - https://goo.gl/pcnTW8)

LA POIGNÉE DE MAIN
M. Trump est très stratégique dans sa poignée de main, qui est toujours la même. La paume vers le haut en guise de soumission (qu’il regarde d’ailleurs, en offrant celle-ci) est effectivement très appréciée sauf lorsqu’elle est donnée dans un but stratégique, c’est-à-dire de contrôler la hiérarchie relationnelle.

Autre point important, dans cette position, M. Trump sait très bien qu’il pourra ensuite tapoter le dessus de la main de l’autre, lui indiquant qu’il a besoin d’aide. La position de soumission ayant donc pour but d’apprivoiser et ensuite de contrôler.

M. Poutine donne fréquemment la main en pronation (paume vers le bas) nonobstant la position qu’il a (gauche ou droite de l’autre). Ce qui démontre une certaine domination.

Moue Trump Christine Gagnon 6aa09FAIRE LA MOUE
Trump relève le menton pour afficher une moue après avoir serré la main de Poutine. En Synergologie, le menton tendu dans son axe sagittal supérieur détermine que la personne se sent «au-dessus» dans la situation. Si elle est accompagnée par une moue de la bouche, ceci indique un mécontentement et un doute dans le propos dit ou entendu.



_________________
Christine Gagnon, FCS et synergologue
Élizabeth G.-Richard, réviseure