MARC BERGEVIN FACE AUX JOURNALISTES : Analyse de ses réactions

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TVA Sports

Vous trouverez ici quelques points en vrac de l'analyse vidéo réalisée pour à la radio 91.9 Sports (entrevue).
 
ANALYSE
Son niveau de stress est assez grand puisque ses coudes sont constamment surélevés et que son front est plissé en tout temps par des sourcils levés. Nous appelons cela un corps rigide hypertonique. Cela démontre le niveau de stress d’une personne. Lorsqu’il est sûr de lui, son mouvement vocal a un débit plus rapide. Il sait ce qu’il va dire, il ne doit pas faire attention à ses propos, il peut être spontané et transparent sur le sujet.

Au début du point de presse, Monsieur Bergevin replace ses lunettes à deux reprises (image 1). Il s’agit d’une ritournelle gestuelle ; un geste qui nous est propre et que l’on fait souvent. Cela nous indique un recadrement, que tout doit être parfaitement contrôlé pour passer à travers ce moment important. Ce geste nous semble anodin, mais, en synergologie, cela en revient à analyser la «baseline», l’étalonnage.

En fait, sachons maintenant que lorsqu’il y aura une question plutôt délicate, où la réponse devra être filtrée, ce geste nous servira d’indicateur. L’hypothèse peut être confirmée par de bonnes questions si les journalistes questionnaient selon les gestes observés. Avec ce geste, ils savent que plus d’informations pourraient être soutirées.

D’ailleurs, il fait le même geste lorsque le journaliste soutient que sa position d’acheteur va refaire surface dans un mois si l’équipe ne va pas mieux. Il le refait lorsque l’on aborde le capitaine Max Pacioretty. Donc, il se passe quelque chose dans la tête de Marc Bergevin à ce moment-là. Les journalistes pourraient adapter leurs questions s’ils n’obtiennent qu’une réponse brève.

Ses yeux se crispent en écoutant la question, ce qui veut dire qu’il y a quelque chose de douteux ou de vraiment difficile. Ce point semble assez important pour lui puisqu’il trébuche sur un mot : «hypothèque» au lieu d’«hypothèse»…

Il refait des yeux crispés lorsque le journaliste lui demande s’il trouve que ses choix des derniers mois ont été de mauvais choix (concernant les joueurs), particulièrement à la mention d’Ales Hemsky. En Synergologie, il faut observer plusieurs indicateurs allant dans le même sens avant même d’avancer une hypothèse. Nous pouvons noter ici une micro réaction (réaction d’une durée approximative d’un seizième de seconde) d’agressivité par sa lèvre supérieure qui lève vers le haut, suivi de la main gauche qui se ferme en point (signe d’un stress émotionnel) et sa bouche qui tire ensuite vers le bas en peur.

Cette hypothèse se confirmera plus loin, car c’est lui qui mentionne Hemsky en exemple.

Le moyen et long terme est très près dans sa gestuelle. Sa main reste tout près de lui en mouvement diachronique (passé à gauche, futur à droite) alors qu’habituellement, les mots «demain» ou «plus tard» sont accompagnés de mouvements distants à droite. Cela signifie qu’il y travaille présentement. Rien de surprenant pour l’instant, bien que dans plusieurs situations, nous pourrions être heureux de savoir que la personne y travaille sincèrement (projet, tâche ou autre).

Il s’est passé quelque chose concernant la saison morte du hockey, il a touché sa montre rapidement indiquant qu’il y a eu soit du temps perdu ou soit un manque de temps. L’hypothèse pourrait être validée par des questions sur sa satisfaction dans l’organisation pendant cette période de l’année.

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Lorsque l’on aborde les défenseurs, il se pince le nez (image 2), signe que ça l’énerve et que la situation ne sent pas bon (métaphoriquement). L’hypothèse se confirme lorsqu’il se met la bouche en huître, c’est-à-dire qu’il entre ses deux lèvres vers l’intérieur en tirant en extension ses commissures, indices de tension forte dans un discours retenu. D’ailleurs, l’hypothèse se confirme lorsqu’il dit que c’est une des causes, mais sa gestuelle semble potentiellement démontrer que c’est une cause principale si l’on se fie au geste de sa main (espace très large entre son pouce et son index) (image 3).

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Bergevin fait un signe de rejet et plusieurs autres micro réactions d’énervement lorsque le sujet d’Andrei Markov et de la première négociation avec le joueur au lieu de l’agent survient. Quelques indicateurs nous laissent croire qu’il n’a pas aimé cette négociation ou qu’il s’est passé quelque chose qu’il n’a pas apprécié. Il semble avoir répondu à ces questions avec des informations sincères.

Il est important de noter que lorsque l’on pose une question, notre interlocuteur est déjà en train de préparer sa réponse puisqu’il a une idée de la direction que nous prenons et donc nous dévoile déjà une réaction. Cette brève analyse n’est qu’un exemple démontrant que le geste précède la parole et cela a le pouvoir de nous aider à mieux questionner ainsi qu’à mieux communiquer.

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Christine Gagnon, synergologue